$k=largeur();

Cliquez sur les écussons pour accéder aux pages des divisions et aux objets correspondants (petits décalages des zones cliquables possibles selon la taille de l'écran).

Voici la situation telle qu'elle se présente le 5 septembre 1944. Les divisions les plus avancées (sauf la 80th infantry division) sont globalement stopées sur la Meuse. Elles vont donc devoir reprendre la progression vers la Moselle de façon arrêtée, perdant le bénéfice de la désorganisation des armées allemandes, qui ont pu profiter des jours précédents pour faire face et établir une ligne de front globalement cohérente et solide.
La force diminuée de la 3rd US Army est clairement perceptible : toutes ses divisions ne sont pas encore en Lorraine (la 35th infantry division garde le flanc droit, la 6th armored division est en Bretagne). En outre, la faiblesse de la 3rd US Army en elle-même est apparente. Alors qu'ils vont devoir attaquer des positions retranchées, les XII et XX Corps ne disposent chacun que d'une division blindée (la 7th armored division devant qui plus est être rapidement retirée) chacun et d'une à deux divisions d'infanterie chacun (la situation s'égalisant dans le courant du mois de septembre avec l'arrivée de la 35th infantry division dans le secteur du XII Corps). Ces unités aux effectifs fatigués et diminués par les combats, sont en nombre insuffisant pour prendre les positions adverses en respectant la proportion de trois attaquants pour un défenseur communément admise dans ce genre de configuration. La décision de reprendre malgré tout l'offensive est due à plusieurs causes. Tout d'abord, l'état-major américain est encore imprégné (il le restera très longtemps) par l'optimisme hérité de la poursuite du mois d'août, et croit les armées allemandes faibles et en déroute, alors qu'elles ont au contraire fait volte-face et se sont (plus ou moins) organisées. La croyance est forte qu'il suffit de se remettre en marche pour pouvoir atteindre rapidement le Rhin (objectif principal en ce mois de septembre). Ensuite, Patton ne croit pas à l'efficacité des fortifications érigées autour de Metz et sur la ligne Maginot. A l'exception de ces dernières, en effet, les forts sont relativement anciens. L'état-major américain ignore cependant une partie des améliorations qui leur ont été apportées. Enfin, il ne faut pas sous-estimer la concurrence avec la 1st US Army, qui pèse de deux façons. D'une part, Patton est toujours prompt à vouloir faire "la une". Il lui faut donc atteindre les objectifs "médiatiques" (la frontière allemande, le Rhin, etc.) avant les troupes de Hodges. Plus important est l'enjeu des ressources : pour se voir attribuer les ressources lui permettant de poursuivre l'offensive, Patton doit convaincre Bradley et le SHAEF qu'il est en mesure de faire des progrès rapides justifiant que de précieuses ressources lui soient attribuées plutôt qu'à la 1st US Army ou aux troupes chargées de nettoyer l'estuaire de la Schelde. Il lui faut donc jeter aux plus vite des têtes-de-pont sur la Moselle, pour pouvoir ainsi prétexter qu'il lui est nécessaire de poursuivre son offensive.
Tous ces facteurs vont participer à µne offensive hâtivement préparée et exécutée par des troupes trop peu nombreuses et insuffisamment au fait de leurs objectifs (on en voudra pour preuve les actions concommittantes quoique visiblement non concertées de la 5th infantry division et de la 7th armored division au sud de Metz au début du mois).

Cliquez sur les écµssons pour accéder aux pages des divisions et aux objets correspondants (petits décalages des zones cliquables possibles selon la taille de l'écran).

Le semi-échec de la 3rd US Army est clairement visible à la date du 25 septembre 1944, qui marque globalement le débµt la période de pause du mois d'octobre. Contrairement à ce que l'état-major de la 3rd US Army envisageait (et continue d'ailleurs toujours d'espérer plus ou moins fortement), la traversée de la Moselle et la prise des villes de Metz et Nancy n'a pas été une simple formalité dans la droite ligne de la poursuite du mois d'aoûtt. Le rideau défensif allemand ne s'est pas révélé squelettique et il a tenu bon, empêchant la 3rd US Army de foncer rapidement en direction du Rhin, comme l'envisageaient les ordres initialement émis au début du mois.
Les avancées les plus significatives ont eu lieu dans le secteur du XII Corps, où la tête-de-pont établie par la 80th infantry division à Dieulouard a permis une exploitation par la 4th armored division, plaçant les troupes américaines non loin de Chateau-Salins. Les durs combats pour la tête-de-pont de Dieulouard et la résistance allemande au Sud de Nancy n'ont cependant pas permis d'exploiter la percée réalisée par les blindés dans les dimensions souhaitées par Patton.
L'échec est plus net dans le secteur du XX Corps. Après l'abandon de la précaire tête-de-pont de Dornot, la 5th infantry division a réussi, au prix de combats difficiles, à établir une tête-de-pont viable quoique de petite taille un peu plus au Sud, à hauteur d'Arnaville. Toutes les tentatives pour prendre Metz (en assaut frontal, par le Nord ou par le Sud) ont cependant échoué. Le secteur initialement tenu par les troupes allemandes à l'Ouest de Metz au début du mois est toujours entre leurs mains, y compris les forts dont les pièces d'artillerie rendent les opérations extrêmement difficiles à Arnaville. Au Nord de Metz, la ville de Maizières-lès-Metz est toujours aux mains des Allemands. Les forces particulièrement réduites du XX Corps (deux divisions d'infanterie seulement, dont l'une, la 5th infantry division, a vu ses effectifs chuter après les récents combats), impliquent que la ligne de front entre Maizières-lès-Metz et la frontière luxembourgeoise doit être tenue par des unités du 3rd cavalry group renforcées par diverses unités réunies au sein de la "Task Force Polk", du nom de l'officier de cavalerie assurant le commandement.