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Dolman modèle 1886


Ci-dessus : Brigade des douanes entre 1886 et 1903. Devant, trois officiers portent le dolman adopté en 1886. Les agents portent eux la tunique mle 1874 avec trèfles et le képi de grande tenue.
Reproduction avec l'aimable autorisation de J-L Hardy sur Racines comtoises (http://www.racinescomtoises.net)
Au début du siècle, les officiers sont encore vêtus de manière peu pratique pour le service. La tenue ordinaire se compose en effet du dolman, adopté par une lettre commune du 2 juin 1886. Celui-ci reprend la coupe des dolmans en usage dans l'armée, les brandebourgs et tresses étant réalisées en poil de chèvre. Il se distingue par sa couleur, le vert finance, propre à l'administration, et par les pattes de colle figurant la grenade inscrite dans un cor de chasse, devenu l'insigne du corps des Douanes en 1875.
Les grades sont indiqués par des trèfles aux manches. Les Directeurs sont identifiés par cinq soutaches, dont les deuxième et quatrième sont de couleur or ; les inspecteurs par quatre soutaches argent, les capitaines par trois, les lieutenants par deux et les sous-lieutenants par une seule soutache.

Le képi est du type saumur, sur lequel est brodé en fil d'argent l'emblème du corps sur un bandeau vert finance. Le képi est doté d'une fausse jugulaire en trait côtelé argent ainsi que d'une fausse jugulaire en cuir, bordée d'un liseré argent. Cette dernière peut être enlevée à volonté.

Ci-dessus : capitaine en grande tenue. A noter le port de l'insigne métallique, de la cocarde et du pompon argent, assez rare sur les photos.
Ci-dessus :
Portraits de 3 officiers des douanes. Les 2 premiers, arborant le grade de capitaine portent les trèfles de grande tenue, mais avec le képi de petite tenue. Le troisième officier, un inspecteur (chef de bataillon), porte lui les trèfles en poil de chèvre de petite tenue.
(avec l'aimable autorisation de JL Hardy)
En petite tenue, le dolman est porté avec des pattes d'épaule (c'est à dire des trèfles) en poil de chèvre ; la grande tenue introduit quant à elle des pattes d'épaule en argent. Les officiers supérieurs portent néanmoins des pattes à 6 brins en argent mat, alors que les lieutenants et capitaines portent des pattes d'épaule en argent brillant à seulement 4 brins.
Le képi de grande tenue se voit lui doté d'un attribut métallique, d'un pompon d'argent et d'une cocarde, de la même façon que les képis rigides des préposés et officiers.
Ci-dessus : trèfles d'officier supérieur (6 brins) en poils de chèvre de petite tenue.
Les officiers portent également la capote-surtout, en drap vert, du modèle similaire à celui en vigueur dans les autres corps d'armée. Fermée au moyen de deux rangées de cinq boutons, elle porte un col chevalière, les attributs du corps militaire des douanes y figurant. Les galons sont indiqués aux manches par des galons plats. Le pantalon porté en toutes circonstances est le pantalon gris bleuté, en drap fin, avec bande garance rouge.

Si cette tenue constitue un progrès par rapport aux précédentes, elle se révèle cependant très vite incommode et très salissante pour les officiers, qui ont l'obligation d'effectuer leurs « tournées » en uniforme. Les brandebourgs du dolman, en poil de chèvre, sont fragiles et l'habit s'avère onéreux à renouveler. Le vert finance s'avère en outre réagir rapidement à la lumière, si bien que les effets doivent être fréquemment renouvelés, ce qui ne manque pas d'occasionner des coûts importants aux officiers.
Vestons modèle 1874 et 1890

Le dolman, comme la tunique avant lui, montrant ses limites, les officiers portèrent très vite en tournée le veston. Un premier modèle avait été introduit dès 1874 : bleu marine, il comporte un col dit « à la Saxe » sur lequel ne figurent au début aucun insigne de corps. Les grades sont indiqués par des tresses plates, placées horizontalement pour les officiers. Un nouveau modèle est ensuite introduit en 1890. Celui-ci comprend un col droit, où figurent les attributs du corps des douanes, et ferme à l'aide de 7 gros boutons d'uniforme. Il comprend trois poches sans rabats. Les grades sont indiqués au moyen de galons en « fer de lance ». Très vite, le veston supplante le dolman, qui n'est dès lors plus porté qu'en grande tenue.

En haut à droite : veston mle 1874 de capitaine. En haut à gauche : photos prises après 1903 au lieu dit le Goule. Celle de gauche nous montre des officiers, avec byciclette, avec le veston 1890. La deuxième nous montre le panachage entre veston et dolman, qui vit là ses dernières heures. (avec l'autorisation de JL Hardy)
Réforme de 1905

Ci-dessus : toujours à la Goule, cette photo nous montre un officier portant la tunique 1905, alors qu'un autre porte encore le dolman.

Dotée d'un col droit, la tunique se ferme à l'aide de 7 boutons, portant les insignes du corps des Douanes. En petite tenue, la tunique se porte désormais sans pattes d'épaule : seules subsistent donc les brides. La grande tenue voit toujours le port de pattes d'épaule mais celles-ci sont toutes à 6 brins, la seule différence se situant dans la nature de l'argent employé (mat ou brillant). La tunique permet le passage d'une bélière pour le port du sabre.

Surtout, la tunique adoptée est bleue. Le vert finance est donc abandonné, la lettre commune prescrivant le même changement de couleur pour tous les effets réglementaires portés par les officiers (bandeau du képi, capote-surtout et pèlerine). Avec le vert finance, la Douane abandonne ainsi définitivement une de ses couleurs traditionnelles.

Le veston adopté en 1890 reste en vigueur comme veston de petite tenue.
La tenue des officiers, si elle ne subit ensuite plus de gros changements, s'adapte de manière générale aux évolutions nées de la guerre. Les officiers entrés dans le conflit avec la tunique 1905 se dotent en effet des vareuses bleu horizon équipant les officiers de l'Armée. C'est ainsi que l'on voit des officiers des douanes portant des vareuses mle 13 ou 15. Seuls les distinguent alors des autres corps de troupe leurs képis et les attributs de collet. Groupe d'officiers des douanes. On aperçoit très clairement les vareuses mle 1913 (sans patte d'épaule) et mle 1915 ainsi que le bleu horizon. Les gabelous sont en guerre...
Ci-contre :
Groupe d'officiers des douanes.
On aperçoit très clairement les vareuses mle 1913 (sans patte d'épaule) et mle 1915 ainsi que le bleu horizon.
Les gabelous sont en guerre...
Lettre commune du 16 novembre 1923
Le règlement consacre les évolutions amenées par l'uniforme militaire en faisant évoluer la tenue des officiers par une lettre commune du 16 novembre 1923. Celle-ci prévoit la création de deux tenues : la première, destinée à la grande tenue et à la tenue de ville, est facultative, seule étant obligatoire la tenue de campagne.
Grande tenue et tenue de ville

La 1ère se tenue se compose d'une tunique, du modèle semblable à celui alors en vigueur pour les officiers de l'armée. En drap bleu foncé, la tunique se ferme à l'aide de 7 boutons, 9 si la carrure de l'homme le justifie. La tunique comporte un col droit, fermé au moyen de deux ou trois agrafes et comportant 5 boutons permettant la fixation d'un faux col blanc. Deux pattes de col, en drap bleu, avec grenade inscrite dans un cor de chasse sont brodées. La tunique comporte deux poches extérieures, au niveau des hanches. Celles-ci possèdent une patte, sans bouton. Une poche portefeuille est également prévue du côté gauche. Les parements de manche sont en forme de botte. Les grades sont indiqués par des galons horizontaux semi-circulaires de 8 mm de largeur. La distinction entre officiers subalternes (lieutenants et capitaines) et supérieurs est également effectuée au niveau des brides d'épaule. Les officiers subalternes arborent en effet des brides en galon d'argent en trait coteliné de 10 mm pour une largeur totale de la bride de 16 mm. Les officiers supérieurs arborent eux des brides en cannetille mate argent avec paillettes brodées d'une largeur de 18 mm.

En haut à droite : détails de la tunique. On remarquera la présence de petits boutons sur les épaules, non réglementaires. Peut-être étaient-ils destinés à porter des trèfles pourtant disparus des effets réglementaires.
Le règlement de 1922 introduit également un nouveau modèle de capote. En drap bleu foncé, la capote se ferme grâce à une rangée de 6 boutons. La capote, reproduisant le modèle alors en vigueur pour les officiers de l'Armée, comporte un col chevalière (pouvant être fermé grâce à une patte mobile placée sous la patte de col gauche), se fermant par une forte agrafe. La capote comprend deux poches intérieures ainsi que deux poche extérieures, situées au niveau des hanches. Le dos est en un seul morceau. De chaque côté, la capote comprend une une fente donnant accès d'une part à la vareuse et d'autre part à la poche interne. La fente est encadrée par deux boutons d'uniforme. Les boutons situés au dessus de cette fente permettent de fixer à la capote une martingale amovible, d'une taille moyenne de 22 cm. Deux pattes de ceinturon, en drap du fond, sont également disposées de chaque côté des hanches. Elles ferment par un petit bouton d'uniforme et sont renforcées, sur leur face intérieure, par une petite rondelle de cuir. La capote comprend deux brides placées sur les épaules, en drap du fond. Les manches comportent un faux parement, fendu sur le côté, fermant au moyen d'un petit bouton d'uniforme. Les insignes de grades, d'une longueur de 4 cm, sont placés au dessus de ce parement.

Le képi est décrit comme étant du modèle d'avant guerre. Il comporte notamment encore deux jugulaires : une fausse jugulaire en argent trait côtelé destinée à être portée en permanence et une jugulaire à coulisse en cuir verni, bordée d'une soutache argent.

La grande tenue impose le port de gants blancs ainsi que d'un ceinturon du modèle des officiers généraux. Celui-ci, en laine mohair ou soie bleu foncé comporte deux médaillons argentés mat comportant une grenade inscrite dans un cor de chasse. Ce ceinturon permet le port du sabre d'officier d'infanterie mle 1883 qui est alors agrémenté d'une dragonne d'or avec gland en cannetille mat et franges à grosse torsades mates.

La tenue de ville emporte le port de gants en peau fauve foncé. Elle se porte en principe sans arme mais, si la sabre est porté, il l'est alors avec une dragonne en cuir fauve foncé.
Tenues de campagne et de service




Les tenues de campagne et de service se distinguent principalement par le port d'une vareuse à col saxe. Celle-ci, fermant par 7 boutons, comporte quatre poches extérieures. Les deux poches de poitrine comportent un pli « watteau » et sont recouvertes par une patte, coupée en forme d'accolade, en drap du fond, fermée par un petit bouton d'uniforme. Les poches de hanche ne comportent elles pas de pli « watteau » mais la patte est également en accolade. Destinée à être portée pour les tournées, la vareuse comprend deux crochets placés sur les hanches destinés à supporter le ceinturon baudrier fauve, du modèle des officiers de l'armée, sur lequel les officiers portent alors le revolver mle 1892. En tournée, les officiers sont également autorisés à faire usage d'une pélerine à capuchon en drap bleu foncé. Celle-ci ferme par trois petits boutons d'uniforme. De même, les agents peuvent porter, avec leggins, jambières, ou bandes molletières une culotte en drap gris bleu. Celle-ci ne comporte cependant plus la bande garance mais un simple passepoil de la même couleur.

Ci-contre :
Douaniers rassemblés à la Gare de Jeumont dans les années 30. On y observe le port de tuniques de grande tenue mais aussi, de manière plus surprenante, de vareuses de service avec le ceinturon de grande tenue.