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Veston de petite tenue

La tunique montre au fil du temps qu'elle aussi est peu adaptée à l'usage qu'en font les agents des brigades. Elle ne facilite pas le mouvement des hommes. En outre, elle s'avère vite fragile et le vert finances se délave très rapidement. Le prix élevé de cet effet fait pour finir obstacle au renouvellement des tenues usagées, si bien que la situation nuit au prestige de l'uniforme. Afin de corriger cet inconvénient, l'Administration décide d'adopter, pour les agents du cadre inférieur et les officiers, un veston de petite tenue. Celui-ci est fermé par deux rangées de 5 boutons, portant l'inscription « DOUANES » entourée de feuillages. Le col adopte la forme « chevalière » et ne comporte aucun insigne. Le veston est de couleur bleu marine, que l'on juge moins salissante. Il comporte des parements de manche en « fer de lance » avec un liseré garance. Les grades sont indiqués par des galons horizontaux, placés en diagonale pour les sous-officiers et préposés de première classe, horizontalement pour les officiers.


Réforme de 1903
Petite tenue


Ci-dessus :
Groupe de douaniers à Deauville. La photo est vraisemblablement prise juste après 1903. Les agents portent en effet de manière inégale le veston et l'ancienne tunique, pouvant être portée jusqu'à usure.

Ci-dessus :
Douaniers après la réforme du 1903. La capote ne change pas de modèle.
L'Administration prend donc acte de cette évolution et, par une circulaire du 28 novembre 1903, prescrit la suppression de la tunique. Elle adopte en remplacement un veston bleu marine, très proche du veston adopté pour la petite tenue. Celui-ci ferme également par deux rangées de 5 boutons, se boutonnant d'ailleurs sans distinction de côté. Le col du veston est un col droit, comportant de chaque côté les insignes du corps des Douanes. Les sous officiers (sous-brigadiers, brigadiers et sergent-majors) gagnent d'ailleurs le droit de porter des insignes en cannetille argent mêlée de soie garance alors que les préposés conservent l'insigne intégralement garance. Sur les épaules, le veston comporte des attentes, rouge pour les préposés, argent mêlé de soie garance pour les sous officiers ainsi qu'un gousset en drap du fond. Les parements de manche conservent la forme du veston de petite tenue ainsi que le liseré garance. Les galons pour les sous officiers, d'une largeur de 22 mm, sont en argent, bordés d'un liseré garance. Les sous-brigadiers arborent un chevron simple, les brigadiers un double et les sergent-majors trois chevrons.
Deux poches sont placées de chaque côté à hauteur de hanche, fermées par une patte sans bouton.

Le képi est lui aussi modifié. Le bandeau n'est plus de couleur verte mais adopte la même couleur que le nouveau veston. Le képi comporte une jugulaire à coulisse en cuir pouvant s'enlever et, sous celle-ci, un cordonnet rouge.
Le képi des sous officiers se distingue par un attribut en cannetille mêlée de soie garance. Le cordonnet garance est remplacé par une fausse jugulaire en trait côtelé argent et la jugulaire à coulisse en cuir est ornée d'un liseré argent, comme pour les officiers.
Grande tenue


Ci-contre :
Photo de la brigade de Lille au début du siècle. on notera le port des trèfles, garances pour les préposés et garance mêlée d'argent pour les sous officiers. Aucun des agents ne porte le képi rigide de grande tenue, la photo peut donc être prise après 1908.
En grande tenue, le veston est agrémenté par le port de trèfles à 6 brins. Ceux-ci se fixent à l'aide de crochets dans les goussets d'épaule et sont maintenus par la bride. Les trèfles sont garance pour les préposés, alors que les sous officiers possèdent des trèfles de la même couleur avec quelques incrustations d'argent. Le képi de grande tenue est un képi rigidifié par un cerclage métallique interne. Il est porté avec un insigne métallique, une cocarde tricolore et un pompon rouge se fixant sur la coiffe à l'aide d'un gousset pratiqué sur le haut du képi. Imposant aux agents de posséder deux jeux de coiffures, le képi de cérémonie est supprimé en 1908 afin de rendre la tenue moins onéreuse.





Ci-dessus :
Détail de l'intérieur du veston. Il est doublé en satin noir. On y aperçoit la rondelle en cuir servant à la fixation de la patte de ceinturon. Le veston comporte deux poches intérieures, conformément à une modification adoptée en 1912 (circulaire du 30 décembre 1912).


Ci-contre :
Détails de la tenue. On peut notamment y voir les attributs propres aux sous-officiers (chevron, attente et insignes de col). Le veston est réceptionné au 7-2-1921, soit peu de temps avant l'abandon du veston pour la vareuse à 7 boutons. Il porte, au côté gauche, la patte destinée à soutenir le ceinturon.



Trèfle de sous-brigadier.


Képi de sous-officier des douanes après 1903. Kepi de petite tenue, il n'est pas destiné à recevoir le pompon et l'attribut métallique. Il est encore typique des formes "saumur", qui perdureront plus longtemps dans les Douanes mais finiront par s'incliner devant la mode du polo. On y distingue sur le képi les caractéristiques des sous officiers : fausse jugulaire en trait argent et attribut en cannetille. Le fabricant est un chapelier connu de Sélestat, Haug, ce qui laisse penser à une fabrication après guerre.

Ci-contre :
Trèfles de préposé tels qu'adoptés à partir de 1903. Ils sont plus larges que les précédents, avec leurs 6 brins. On remarquera le système de fixation, permettant la fixation aux goussets placés sur les épaules du veston.

Ci-contre :
Képi de service courant de préposé. Il est fabriqué par May-Bing, l'adjudicataire unique du contrat de 1903.