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Règlement de 1921


Ci-dessus : Vues de face et de profil d'un képi de préposé. Si la grenade est bien en laine garance (cannetille argent avec soie garance pour un sous officier), la jugulaire devrait être en cuir verni. Il s'agit ici d'une fantaisie qui peut trouver deux explications : préposé ayant atteint le grade de sous-brigadier ou képi modifié pour coller au règlement de 1938 (ce que semble confirmer la présence de boutons comportant le cor et la grenade).
L'uniforme des préposés et sous-officiers est modifié par une note du 5 juillet 1921.
Les agents des douanes abandonnent la vareuse croisée à 5 boutons. C'est une vareuse simple fermant à 7 boutons qui lui succèdent. De couleur bleu marine, la vareuse comporte un col droit. Elle comporte quatre poches, deux à la hanche et deux à hauteur de poitrine (niveau du 3° bouton). Les deux poches supérieures sont légèrement inclinées et ferment grâce à deux petit boutons d'uniforme. Les poches inférieures ne comportent elles pas de boutons. Les manches se terminent par un parement en "pointe de lance", comportant un passepoil rouge. Les brides d'épaule disparaissent au profit de pattes d'épaule. Les brides d'épaule, argent et soie rouge demeurent uniquement pour les vareuses de garde magasin. Enfin, une patte permet de soutenir le ceinturon sur le côté gauche.
Le collet, de 300 à 450 mm de hauteur, comporte de chaque côté un écusson en drap du fond comportant une grenade inscrite dans un cor. L'écusson est brodé en laine garance pour les préposés mais est en cannetille argent bordé de soie garance et de quelques fils de soie garance dans le dessin pour les sous-officiers (sous-brigadiers et brigadiers). Les gardes magasin arborent eux un insigne particulier, composé d'une branche de chêne et d'une branche de lauriers réunies, tissées en cannetille argent.
Le képi évolue légèrement par rapport à la tenue portée par les douaniers jusqu'à la première guerre mondiale. La forme de type "saumur" des képis est délaissée. C'est l'apparition des képis polo, très à la mode depuis la fin de la guerre. Les képis sont alors plus bas. Une rigidité minimale du képi est assuré par de la toile forte à l'intérieur du bandeau. Le turban est également plus petit que sur les modèles antérieurs.
Ci-contre à gauche :
Vareuse de préposé. On remarquera la présence au niveau des poches de hanche de boutons d'uniforme, non réglementaires. En adoptant une vareuse fermant par une seule rangée de boutons, l'Administration rapproche son image de celle des autres Administrations à vocation de police. C'est en finie de la veste croisée, dont le premier modèle avait été adopté vers 1870, afin de protéger les poitrines du froid.

Ci-dessous :
Détail des pattes de col. Les insignes des préposés sont en général plus petits en taille que ceux des sous-officiers et officiers.


Ci-dessus à gauche :
Autre survivance du veston antérieur, une patte fixée au côté gauche permet le maintien du ceinturon. Elle est cousue à l'aide d'un petit bouton d'uniforme.

Ci-dessus à droite :
Les parements de manche restent similaires au veston de 1903, en conservant la forme de pointe et le liseré garance. Les préposés sont toujours dépourvus de tout insigne de grade, un chevron équivalant au grade de sous brigadier.
Ci-contre à droite :
Carte postale de la borne frontière à Menton, voyagée en 1932. On y aperçoit à droite un brigadier en tenue mle 1921. On notera les galons de 22,5 mm, témoignant d'une confection assez précoce, la largeur des galons étant ramenée à 12 mm en 1922 (décision du 23 septembre 1922). Autre particularité : ce brigadier semble avoir conservé des brides d'épaule.








Règlement de 1929

Ci-dessus : Douaniers de la brigade de Sarrebrück. Les deux agents au centre, entourant l'homme en civil (probablement le receveur) portent la tenue mle 29, reconnaissable à son pantalon bleu marine et à la vareuse dépourvue de pattes d'épaule.

Ci-dessus : Modèle de vareuse 1929, fabriquée par un tailleur de Sarrebruck (la Sarre est alors occupée).
L'uniforme des agents est profondément modifié en juillet 1929, modification portée par un mouvement tendant à la démilitarisation du corps des douanes. Le veston conserve sa couleur bleu marine mais perd certains de ses attributs. Il est en effet dénué de pattes d'épaule et de patte de ceinturon. Les galons sont réduits à 8 mm. Il se rapproche ainsi de la tenue des pompiers de Paris. Les parements de manche sont désormais "en botte", c'est à dire sans pointe, et dépourvus de passepoil. Les galons deviennent par la même triangulaires, du même modèle que ceux de la Gendarmerie
Le pantalon perd lui sa couleur bleu gris pour adopter la même teinte bleu foncé. La bande garance disparaît et ne subsiste plus, sur les pantalons des préposés, sous-brigadiers et brigadiers, qu'un passepoil garance. Celui-ci est absent de la tenue des garde magasins.
Le képi perd lui aussi sa jupe et son calot bleu céleste, et ne conserve, pour toute distinction des spécificités douanières, que la soutache garance et l'insigne frontal. Il adopte néanmoins une forme moderne puisqu'il se rigidifie.

La réforme de 1929 prévoit en outre la mise en place, pour la saison chaude, d'une tenue khaki claire.
La coupe de la vareuse et du pantalon sont identiques à celle de la tenue bleue. Néanmoins, les attributs de grade et les pattes de col ne sont pas cousus à la vareuse, mais fixés par un système de crochet afin de permettre un lavage plus facile. De même, le pantalon ne comporte aucun liseré garance.
Pour terminer, le manteau subit lui aussi une mutation. Il adopte la couleur générale de la tenue, le bleu marine. De forme « raglan », il ferme grâce à 4 boutons d'uniforme et à une porte située au niveau du col. Celui-ci conserve la forme chevalière. Le manteau comporte deux poches horizontales recouvertes d'une patte en drap du fond. Le col comporte les attributs traditionnels, selon les mêmes distinctions que précédemment. La pèlerine subit elle aussi des modifications : elle reste taillée en drap mais devient elle aussi bleu marine. Fermée par trois boutons d'uniforme, les grades sont toujours identifiés de la même façon que précédemment (système similaire à celui introduit sur les manteaux de cavalerie).
Mais, conçu avant tout pour des raisons d'économie, l'uniforme s'avère vite inadapté. Le pantalon, plus sombre que le précédent, s'avère salissant. La disparition des couleurs traditionnelles engendre enfin une certaine confusion avec d'autres agents en uniforme, nombreux à l'époque (jusqu'aux employés de mairie). En outre, la disparition des couleurs traditionnelles (le bleu céleste et la bande garance, adoptée depuis 1852) semble mécontenter les agents. Un retour à l'uniforme précédent est donc prescrit par une note ministérielle du 22 décembre 1931.
Règlement de 1931

Ci-dessus : douaniers recontrant des patrouilles française et allemande près de la ligne Maginot, dans le secteur de Bitche (source : internet) vers 1938/39.
Ci-dessous : douaniers rassemblés à la gare de Jeumont dans les années 30.


Ci-dessus : planche récapitulative des grades tels que décrit dans la note décrivant la nouvelle tenue en 1931.
Ci-dessous :
carte postale de la borne frontière de Menton. On y distingue un préposé en tenue kaki beige mle 31. On remarquera le képi rigide comportant toujours les attributs en laine rouge et la jugulaire en cuir verni.

La note ministérielle du 22 décembre 1931 se contente principalement de prescrire le retour à l'ancienne tenue, de manière obligatoire au 1er janvier 1933 (pour permettre la fin du marché passé en 1929). Peu de changements sont ainsi véritablement apportés à la tenue. La vareuse est quasiment identique à celle de 1921. Les parements de manche restent néanmons "en botte", les galons restant triangulaires. La patte de ceinturon laisse la place à deux crochets en métal placés de chaque côté des hanches.
Le képi reste de la forme polo, sa hauteur étant prescrite à 85 mm. L'attribut des préposés est toujours entièrement garance et la jugulaire est en cuir vernie. Les képis des sous officiers comportent eux des attributs en cannetille argent mélangée de soie garance, et comportent une jugulaire en galon trait côtelé argent métal.
Les autres effets, notamment le manteau, ne subissent pas de changements et la note prévoit le maintien d'une tenue khaki.
Enfin, les agents cycliste se voient dotés d'une culotte bleu céleste à bande garance.


Règlement de 1938

Ci-dessus : La brigade du Chable en 1940. Photo reproduite avec l'aimable autorisation du site http://www.la-salevienne.org.
En 1938, la coupe de la vareuse est modifiée par une note du 30 juin 1938. Celle-ci abandonne le col droit (que la Gendarmerie a déjà abandonné) pour prendre le col chasseur (ou col « aiglon »). La vareuse ferme toujours par 7 boutons. Les attributs de col subissent eux une modification : les agents subalternes (préposés et sous-brigadiers) arborent des attributs en cannetille argent mélangée de soie garance, alors que les brigadiers et chefs de poste principaux portent des attributs entièrement en cannetille argent. Les chefs de magasin et gardes magasin arborent toujours les attributs particuliers qui étaient ceux des gardes magasins. Comme les brigadiers et chefs de poste principaux, ils ne portent pas de pattes d'épaule mais des brides d'épaule en argent métal et soie garance. La note apporte également une modification au niveau du galonnage : les préposés sont identifiés à présent par un chevron en galon argent lézarde, les sous brigadiers par un galon double et les brigadier-chefs par un galon d'adjudant de l'infanterie. La tenue de 1938 est également déclinée en version kaki.
Ci-dessous :
Douaniers présents sur la ligne de démarcation. L'agent le plus à droite porte une vareuse mle 38 confectionnée en drap kaki militaire. C'est une décision du 25 juin 1943 qui offre cette faculté aux agents des brigades, les officiers et, dans la zone occupée, les agents des bureaux astreints au port de la tenue.





Ci-dessus et à gauche : détails d'une vareuse 1938 d'été, en toile kaki. Comme les tenues kaki précédentes, celle-ci permet d'oter les attributs de col et de grade. On remarquera les pattes de col réalisées en cannetille argent mêlée de soie rouge, caractéristique pour les préposés de l'évolution du règlement en 1938.


Ci-contre à gauche :
Photos du préposé Antoine Dijoud (1896-1963)au poste du Pas de l'échelle à Etrembières (74). Reproduction avec l'aimable autorisation du site La Salevienne.