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Ancêtres des agents des opérations commerciales, les agents du service des bureaux, ou du service sédentaire par opposition au service actif des brigades, ne sont en principe pas dotés d'un uniforme. En effet, si la totalité des agents étaient dotés d'un uniforme en 1801, la Restauration réservera celui-ci au service des brigades. Non armés, les agents du service sédentaire couvrent un champ de compétence différent de celui des agents du service actifs. Alors que ces derniers s'intéressent avant tout aux personnes et aux moyens de transport pour y découvrir tout type de fraude, les agents sédentaires sont en charge de l'accomplissement des formalités de dédouanement en frontière. Les vérificateurs et receveurs se reconnaissent néanmoins facilement au début du siècle par le port, fréquent, d'ue casquette plate. Celle-ci est néanmoins jugée peu pratique et surtout, elle s'accomode mal avec le port de la tenue civile.
La création d'un uniforme propre aux services sédentaires est ainsi une parfaite illustration des débats qui ont eu lieu quelques années (et qui resurgissent d'ailleurs à intervalles réguliers dans l'histoire de la Douane) au sujet du port de la tenue pour les agents des services actifs. Le port de la tenue cristallise en effet toutes les ambivalences des Douanes de l'époque : service régalien s'il en est, le Corps oscille entre Administration civile (ce que statutairement ses agents sont : ils ont le droit de vote et peuvent se syndiquer par exemple), administration de police et corps militaire (les brigades reposent alors sur une organisation toute militaire, les préposés étant d'ailleurs souvent issus des cadres de l'armée, qui prend d'ailleurs une forme concrète en cas de mobilisation avec les Bataillons de douaniers).


Ci-dessus et ci-dessous : détails du képi de contrôleur principal ou vérificateur.




Ci-dessus : Contrôleur principal, vérificateur ou receveur de 2ème classe en tenue de service.
Ci-dessous : Détails de la vareuse


L'adoption d'un uniforme pour certains personnels des bureaux est ainsi décidé par une circulaire du 25 mars 1942. Celle-ci impose à tous "les agents [du service des bureaux] que leurs fonctions appellent à être en relations directes et constantes avec les redevables, et plus spécialement ceux qui sont ordinairement chargés de la visite des voyageurs dans les gares, dans les trains, dans les ports, dans les aérodromes et dans les bureaux de route de grand tourisme". Par souci d'économie, la tenue n'est imposée qu'aux personnels visés se trouvant en zone non occupée. Les autres agents n'y sont pas astreints.
La tenue portée pendant cette période ne diffère pas réellement de celle des agents des services actifs. C'est en effet toujours le pantalon droit et la vareuse, de la même coupe que celle des autres agents, qui est adoptée. Contrairement aux préposés et sous officiers, les officiers portent en effet la vareuse à col ouvert. De même, le manteau adopté est identique à celui adopté pour les officiers des brigades en 1923. Il s'agit d'un manteau à col aiglon, fermé par une rangée de 6 boutons. C'est ce modèle qui sera adopté par les préposés et sous officiers en 1953. Néanmoins, un certain nombre d'attributs propres à la douane n'est pas repris pour la tenue de ces agents. Si la circulaire de 1942 prévoit le port du pantalon bleu céleste à bande garance, il semble que l'uniforme soit ensuite porté (quand ?) avec un pantalon de la même couleur que la vareuse. Cette particularité, qui doit être vérifiée, s'expliquerait-elle par le fait que la bande garance, qui orne le pantalon des agents du service actif depuis 1852, rappelle la légion d'honneur décernée sous l'Empire à la Compagnie des Guides, ancêtre des bataillons douaniers? Ces agents se distinguent de leurs collègues des brigades par leurs attributs. Au lieu d'arborer des grades de couleur argent et des attributs argent sur drap du fond (c'est à dire bleu marine ou noir), les services sédentaires arborent des attributs or. Les pattes de col sont, elles, or sur drap rouge (plus ou moins foncé selon les fabrications). Cette signularité fait de la Douane la seule arme (même si la Douane ne s'est jamais vue reconnaître le statut militaire, malgré son caractère hybride durant de nombreuses années), avec la Gendarmerie Nationale, à comporter en son sein plusieurs subdivisions d'arme.








Ci-contre à gauche :
cette vareuse, coupée en grop drap et particulièrement usée semble être une vareuse précoce. On remarquera les pattes de col, particulièrement travaillées.

Ci-contre à droite :
Grades et attributs des agents des services sédentaires tels qu'ils résultent de la première circulaire de 1942.




Ci-dessus :
Détail des pattes de col. On peut observer, en comparant ces trois tenues, que les motifs des grenades sont extrêmement variables en fonction des fabricants.
Ci-dessous :
Détail des grades de manche. Les grades de manche sont encore fréquents dans les années 50 pour les officiers qui ne porteront des épaulettes de manière généralisée que plus tard. On peut remarquer que ce capitaine (receveur avec une certaine ancienneté) était anciennement lieutenant (jeune receveur). Promu, il s'est servi de galons de rechange pour arborer son nouveau grade.


En 1943, les agents des brigades et ceux des bureaux astreints au port de l'uniforme reçoivent la possibilité de faire couper leurs effets en drap kaki. La mesure vise avant tout à permettre aux agents de contourner les pénuries frappant toutes les matières premières. L'emploi de drap khaki perdurera après guerre jusqu'en 1951, moment à partir duquel ces tenues seront prohibées et réservées aux seuls services de nuit (afin de permettre aux agents de les porter jusqu'à usure). La tenue présentée ici est une vareuse à col ouvert, de fabrication probablement assez précoce, comme en témoignent les poches à soufflet. Elle comporte 5 boutons, ce qui n'est pas une erreur, les vareuses pouvant comporter jusqu'à 6 boutons selon la taille de l'homme qui la porte.

Ci-dessus : Vue générale de la tenue. Aucun insigne n'est porté, ce qui n'est pas nécessairement une erreur. En effet, avant 1955 seuls des insignes particuliers sont portés. La norme est donc à l'absence d'insigne sur la tenue.
Petite particularité de cette tenue, le pantalon comporte une bande plus foncée, de la même largeur que la bande garance du pantalon des brigades. Cette bande est vraisemblablement une fantaisie du receveur qui portait cette tenue car elle est aux dimensions exactes du pantalon déjà ourelé et n'est donc pas le fait du fabricant. En outre, toutes les notes envisagent le pantalon kaki sans bande, qu'il s'agisse de la tenue des agents des brigades ou des bureaux

Ci-contre, à droite : La tenue est fabriquée par Thierylux, qui n'est autre que la marque de prêt à porter industriel des frères Thiery. La marque est créée en 1927 et semble disparaître en 1962, avec la création de l'enseigne Armand Thiery.

Ci-contre, le plus à droite : Implantation d'une des premières brigades motocyclistes, probablement des effectifs de la Brigade d'Herzeele (Nord), première brigade motocycliste créée en 1953 au départ de l'école de Montbéliard. On remarquera le tenue khaki de l'officier à gauche (très probablement officier du service actif et pas du service des bureaux, s'aggissant de l'école des brigades de Montbéliard). Reproduction avec l'aimable autorisation du site gabelou.com (article Les motards de la Douane).




Ci-contre et ci-dessus : diverses photos de la recette d'Halluin-route dans les années 50. Les photos montrent clairement le port de la tenue kaki par les personnels des bureaux. Sur la photo illustrant la prise d'une automobile, on remarque à chaque extrêmité du groupe deux agents des services sédentaires. Tous deux portent la vareuse bleue avec les insignes distinctifs des agents des bureaux, mais celui de droite porte un pantalon bleu uni, au lieu du pantalon bleu céleste à bande garance.

Reproduction avec l'aimable autorisation du site A la recherche du passé d'Halluin (www.alarecherchedupasse-halluin.net/)




Ci-dessus et ci-dessous : Détails du képi. Alors que la tenue est fabriquée à Pontarlier, par la Maison Dubiez (qu'on retrouve fréquemment de par sa proximité géographique avec Montbéliard), le képi est issu d'un tailleur de Lyon.


L'ensemble présenté ici est un ensemble homogène d'un receveur non identifié, datant probablement des années 1950.
L'uniforme des agents du cadre sédentaire évolue après guerre. Le manteau cesse d'être alors fermé par une rangée de 6 boutons et perd son col aiglon. Le modèle présenté ici est un manteau à col ouvert, croisant par le devant et comportant deux rangées de 3 boutons. Le port de tels manteaux semble intervenir dans les années 50, sûrement après 1953 quand les préposés et sous officiers adoptent le manteau prévu en 1923 pour les officiers (je suis intéressé par tous renseignements complémentaires) ? Le manteau est en tout cas similaire dans sa coupe au 3/4 qu'adopteront plus tard les agents des brigades.



Détail des étiquettes de la vareuse et du manteau, fabriqués tous les deux par la maison Dubiez à Pontarlier.


Ci-dessus : détail d'une patte de col du manteau.


Ci-dessus : détail d'une patte de col de la vareuse.



Les images qui suivent présentent plusieurs variations de képis d'officiers des services sédentaires. Elles mettent notamment en évidence la grande variété dans les modèles d'insignes en cannetille.